Jean-Louis Triaud: Bordeaux devra faire preuve de détermination

bordeauxLe président des Girondins estime qu’une victoire en finale de Coupe de France permettrait à son club de réaliser une bonne saison.

Considérez-vous que Bordeaux soit favori face à Evian Thonon Gaillard ?

On doit aborder cette finale avec beaucoup d’humilité. Même si notre effectif est supérieur à celui d’Evian TG, nous avons autant de chances de nous imposer qu’eux. La dimension mentale influence énormément le résultat d’une finale. On se fout du spectacle, seul le résultat compte. Bordeaux devra faire preuve de détermination pour s’imposer. Je demande aux joueurs d’avoir confiance en leur qualité et de faire preuve d’enthousiasme. Le résultat de cette finale déterminera le bilan de notre saison. En cas de victoire, elle sera bonne. En cas de défaite, elle sera tout simplement médiocre.

Après dix-sept ans de présidence, votre club atteint pour la première fois la finale de la Coupe de France. Que vous évoque cette compétition ?

C’est un trophée important, un titre majeur, dans le palmarès d’un club. Bordeaux ne l’a plus remporté depuis 1987. Depuis 1996, quand je suis devenu président du club, les Girondins n’ont jamais atteint la finale. Bordeaux a même pris la mauvaise habitude de se faire sortir par des équipes de divisions inférieures. J’ai toujours en travers de la gorge notre élimination en demi-finale de l’édition 2000 par Calais, qui était alors en CFA. On a l’occasion d’effacer ce souvenir douloureux en s’imposant samedi au Stade de France. Depuis que je suis au club, Bordeaux a remporté trois Coupes de la Ligue et un titre de champion de France. Il ne manque que la Coupe de France. Une victoire en finale nous permettrait aussi de disputer la Ligue Europa la saison prochaine. Une qualification européenne reste importante pour un club comme le nôtre. Tous les pronostics foot sont en notre faveur

Comment jugez-vous la saison assez quelconque des Girondins ?

Entre une quatrième place et la septième place, celle où l’équipe s’est classée en fin de saison, il n’y a pas grand-chose. On a reproché à Bordeaux son manque d’envergure offensive, mais je rappelle que c’est le club français qui a été le plus loin en Ligue Europa. Nous avons été éliminés en huitième de finale après avoir eu à disputer un tour préliminaire à Belgrade au mois d’août. On a laissé des plumes dans cette compétition. Bordeaux n’a pas perdu plus de matchs en Ligue 1 que Marseille et Lyon. Les nombreux matchs nuls concédés à domicile, souvent en étant rejoints au score, font la différence au classement. On a manqué de fraîcheur et de profondeur de banc à certains moments pour viser haut. Nous ne sommes néanmoins pas loin des places d’honneur.

Que répondez-vous à ceux qui jugent que le club manque cruellement d’ambition ?

Comme Marseille ou Lille par la suite, nous avons subi le contrecoup financier de notre titre de champion de France en 2009. Mais, depuis, le club n’a jamais fini au-delà de la septième place en championnat. Beaucoup d’autres clubs aimeraient être à notre place. Il faut que les gens finissent par comprendre qu’un actionnaire, dans notre cas M6, n’a pas vocation à perdre de l’argent. Comme dans n’importe quelle autre activité économique, un club de football doit équilibrer ses comptes. En dehors de Paris et de Monaco, tous les clubs français sont logés à la même enseigne. Aucun d’entre eux ne sera plus en mesure de lutter pour le titre de champion de France. Les plus ambitieux d’entre eux joueront désormais à la belote pour décrocher la troisième place.

Sur quels leviers Bordeaux compte-t-il s’appuyer pour s’adapter à ce nouvel environnement ?

Notre façon de procéder est simple : le club va s’appuyer d’abord sur son centre de formation. La base de l’équipe sera constituée par des joueurs formés au club. On recrutera seulement pour compléter l’effectif avec des joueurs susceptibles de nous apporter de la qualité. Aujourd’hui, un tiers de l’équipe est déjà constitué par des joueurs issus du centre de formation ; on veut aller plus loin. Le centre de formation coûte 4 M€ au club par an. Dans cette optique je suis très heureux que notre équipe des moins de 19 ans puissent disputer samedi la finale de la Coupe Gambardella contre Sedan. Les investissements consentis par le club pour construire un nouveau stade soit aussi important. On espère que l’amélioration de notre outil principal de travail permettra au club de développer ses recettes.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *